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pour amateur de sorties musclées mais pas trop. Un top associatif : Vis Tes Trips

Le jour du sérieux

En revenant de Nantes, en revenant de Nantes,
De Nantes à Montaigu, la digue la digue
de Nantes à Montaigu, la digue du….
NON, ce soir pas de place pour les chansons grivoises de fin de banquets ou autres ripailles du même acabit. Ce soir c’est costaud et c’est du sérieux. Pour un jour pour un soir. Pour une fois. Pas envie  de faire semblant, de faire comme si. Envie de faire du vrai.
Je suis parti ce matin en quatre roues motrices et je reviens de Nantes sur deux pieds dans une énorme chenille immature bleu argentée, qui file à travers la campagne angevine encore saupoudrée des frimas hivernaux. Sur les bords de la Loire, une journée se termine. Et l’oubli qui ne vient pas… 
Une des journées les plus courtes de l’année. Le soir qui va tomber très vite, brutal et glacial. 
Et l’oubli qui ne vient pas...
Pour ceux qui pourtant me sont chers et proches, qui peut-être savent ou ne savent pas, les évènements de mars m’ont rappelé une réalité oubliée et ont ouvert une brèche dans la solidité de mon espace temps.
Avec la violence d’une vieille portière de camion rouillé qu’on recevrait en plein visage un jour de grand vent au moment où on s’y attend le moins.
Replongé 24 ans en arrière dans les mêmes blessures, les mêmes meurtrissures, les mêmes plaies à l’âme mais cette fois du côté impuissant dans le rôle du spectateur impudique. J’ai ressenti la froideur du scalpel et du bistouri, les incisions de la chair, les aigreurs et les nausées.
J’ai revécu les pleurs solitaires quand il n’y a plus d’autres moyens d’exprimer.
J’ai ressenti l’angoisse et la peur, la peur de perdre, de tout perdre.
J’ai revu les lumières blafardes des couloirs aux linos usés de trop d’attentes et de quatre cents pas nocturnes. 
Je me suis retrouvé le corps exsangue comme ensorcelé par un pouvoir maléfique.
J’ai voulu une nouvelle fois crier encore à l’injustice avec des mots inutiles aux pouvoirs éteints.
Et l’oubli qui ne vient pas... 
Comme si l’épreuve devait rester imprimée en nous comme preuve tangible et indélébile de nos forces insoupçonnées. Quand on croit qu’il n’y plus…. et qu’une étincelle suffit à raviver notre feu intérieur. Pas question de faire pleurer en ces veilles de fêtes mais me permettre de relever la tête.
Je reviens de Nantes et mon cœur est riche. Riche de vous, d’une présence, d’une main tendue, d’un regard, d’un geste, d’un soutien, d’un appel. Riche de vos partages et de vos forces.
Alors, c’est toujours l’envie de lutter qui l’emporte. Même si l’ennemi est invisible et sournois, même si on pense parfois que tout est joué d’avance.
Essayer aussi de masquer ses craintes, ses angoisses, ses faiblesses, faire front… Ah ! les jolis mots… Non, quand la réalité est cruelle oser le dire, le hurler.
Peut-être que j’assume mieux en accompagnant ce que je n’ai pu assumer en tant que patient, inconscient alors des enjeux de la Vie. Et qu’on arrête de me faire croire que souffrir en ce bas monde prépare à un bonheur futur et éternel ailleurs ?!  
Des années plus tard, l’oubli ne vient toujours pas. 
La vie continue. Trajectoires qui changent. Nouvelles trajectoires qui se croisent. La vie continue, rien de plus, rien de moins, rien d’autre.
Le soir tombe. La grande chenille ronronne de plus en plus comme pour mieux endormir ses passagers.
Mon cœur est riche, empli d’elle et de vous. J’avais pour une fois envie de parler de cette solitude qui n’appartient qu’à moi et que parfois j’aime tant. Un petit coming out !
Sur l’écran noir de mes paupières closes, des kaléidoscopes de lumières, d’étoiles s’animent comme autant d’images introspectives. Balancements ininterrompus tel les bercements d’une balancelle. Se laisser aller, partir. Au pays des Cinq Soleils ou des Douze Lunes. N’importe où pour oublier. L’esprit qui s’envole et qui entre en moi pour y trouver refuge au fond de mon cœur . Vous y retrouver tous.
Au réveil, sortir enfin du grand sommeil pour vous souhaiter.............. et surtout vous serrer très fort.
Comme si entre  hier et demain le mal d’aujourd’hui n’avait jamais existé.
Mais je suis bien rentré, je vais bien et vous êtes bien réels et c’est mieux comme ça !
Vive la vie.

PS : le prochain article parlera de jogging, promis !!!!
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